FamilyGeek C'est mon avis The Legend of Zelda : Skyward Sword HD

The Legend of Zelda : Skyward Sword HD

Disponible sur Switch

Lors de sa sortie sur Wii en 2011, The Legend of Zelda : Skyward Sword n’avait pas mis toutes les chances de son côté : dédection de mouvement obligatoire, graphismes au rendu pas vraiment flatteur à une époque où la HD se normalisait et accolyte omniprésent difficilement supportable, cet épisode était, pour beaucoup, un des moins réussis de la série. Du coup, c’est sans réel grand enthousiasme que l’annonce de son remaster HD fut accueillie dans un monde où Breath of the World avait boulversé les codes que la licence avait pris dans les opus 3D. Pourtant, ce dernier n’avait pas fait l’unaminité parmis les fans de la série, ce que l’on peut un peu mieux comprendre après avoir à nouveau foulé le ciel et les terres de ce Skyward Sword. Car si le titre avait eu la tâche ingrate d’essayer de faire évoluer la série et d’y intégrer de nouveaux éléments à un moment où le hardware ne lui était pas favorable, il était à l’apogée de ce qui faisait la renomée d’un Zelda.

Il y a le ciel, le soleil et la mer de nuage

Toute légende a ses origines et c’est justement ce que proposait de découvrir Skyward Sword, bien que cela repose toujours sur une part de mythologie opposant le bien et le mal. Pour protéger les hommes et la triforce, symbole de puissance laissé par les 3 déesses créatrices, des forces du malin, la déesse Hylia n’eut d’autres choix que de faire s’élever dans le ciel une partie de l’ancien royaume. Depuis, c’est au milieu d’une mer de nuages que vivent paisiblement les habitants de Célesbourg, aux côtés de leur compagnon à plume attribué à la naissance. C’est là qu’on y retrouve Link, apprenti chevalier et Zelda, fille du chef du village, et que l’aventure commencera. Il faudra compter une trentaine d’heures pour en voir le bout, sachant qu’elle savèrera moins intéressante qu’elle n’y paraît, faisant rentrer les éléments clés de la légende un peu au chausse pied pour la plupart.

Clairement, le travail graphique, même s’il n’est pas extraordinaire, fonctionne bien et rend justice à la DA qui avait été imaginée à l’époque, en particulier sur les traits du héros. Exit donc la bouillie graphique assez floue, on a des environements lisses et propres, mais qui ne fourmillent pas de détails, et dont la taille reste modeste. À la manière de l’océan parcemé d’îles dans Wind Waker, le ciel se parcourera à dos de Célestriers, mais avec encore moins d’endroits où atterrir et peu de choses à y faire. En revanche, il sera possible d’aller explorer les terres sauvages sous les nuages à certains endroits. Cela donnera d’ailleurs lieu à de nombreux allers-retours en volatile peu intéressants, et relativement fréquents, Amiibo ou non. On aurait aimé une amélioration digne de la voile rapide du remaster HD de l’épisode Gamecube. On se consolera en se disant que la technique ne souffre d’aucun souci de fluidité.

Fay comme l’oiseau…

Parmis les autres écueils de l’épisode original, les sempiternelles remarques de Fay ont été très largement mises en sourdine, ou du moins peuvent être ignorées. Cependant, lorsqu’elles persistent et comme le personnage le dit si bien, il y a 95% de chances que ces interventions ne servent qu’à souligner des évidences que le joueur aura déjà compris de lui-même. Sans doute destinées aux plus jeunes, cela pourra réveiller un petit traumatisme chez les anciens. Le jeu a beau essayé de créer un lien entre les deux personnages, autant Midona de Twillight devenait attachante, autant Fay vous laissera de marbre, au mieux. En revanche, son système de détection vous sera bien utile et vous permettra de vous aiguiller dans votre quête, vous laissant la possibilité d’alterner entre objectif principal et secondaire.

S’il ne sera pas nécessaire d’agiter les bras pour faire voler votre oiseau, vous aurez le choix pour vos autres actions en jeu, les développeurs ayant réussi à trouver un moyen de se passer du gameplay à la wiimote, non sans quelques concessions. En gardant à l’esprit que le jeu, et notamment les combats, ont été pensés pour être jouer ainsi, avec de bonnes trouvailles déjà à l’époque, c’est sans doute la manière la plus adaptée, bien qu’elle nécessite trop souvent un recalibrage du joycon et que la technologie ne semble pas beaucoup plus précise qu’à l’époque. Pour les anti motion gaming et Switch Lite oblige, la maniabilité à la manette est plutôt bien pensée même si la combinaison de touche reste contre intuitive : la sélection des objets nécessite une pression longue de ZR alors que pour leur utilisation, une simple pression suffit, souvent source de raté ; la caméra libre de cet remasterisarion nécessite une pression du bouton L tandis que vous jouez du stick, réservé au coup d’épée via un coup sec, ce qui rend d’ailleurs le jeu inconfortable en mode portable.

Master sword, master class de donjons

Quoi qu’il en soit, les conditions pour découvrir la genèse de la série ainsi que l’origine de l’épée de légende seront beaucoup plus favorables que sur Wii. Et très vite, on se rend compte que Skyward Sword avait déjà pris une autre direction pour la série et tentait autre chose. Car si au dessus des nuages, les habitants de Celesbourg vous confieront des quêtes annexes assez classiques vous octroyant un moment de répit dans l’aventure, la progression dans le monde du dessous se fera dans des univers par la résolution successive de petites énigmes où l’exploration sera limitée, et s’apparenteront à des donjons grandeur nature. Ces derniers sont d’ailleurs parmi les tout meilleurs de la série, bénéficiant de conception variée, très inspirée (mention spéciale au galion des sables) et dans lesquels les différents objets devront être utilisés et réutilisés intelligemment dans chacun des nombreux palais. Évidemment, il y aura un boss à la clé qui vont demandera de recourir à l’équipement fraîchement acquis, avec là aussi de bonnes idées.

Pour rompre le classique enchaînement exploration/donjon, le titre propose également différentes phases de gameplay assez rafraîchissantes et bien intégrées même si tout cela ne se fait pas sans casser des pots. La sensation de liberté et le sentiment de monde cohérent s’y retrouve malmenés, mais le plaisir est bel et bien là, d’autant que le titre y intégrait d’autres nouveautés pour la série : la parachâle pour amortir les chutes, la barre d’endurance et la récolte de matériaux permettant la fabrication d’objets ou leurs améliorations apportaient une bonne touche de fraîcheur dont on sait désormais que BotW s’inspirera. Surtout qu’après ce dernier épisode à la narration en retrait, cela fait plaisir de retrouver une trame, pourtant pas des plus incroyables ni des plus palpitantes, entrecoupée de cinématiques et accompagnée par de très bonnes compositions musicales dont l’instrument phare, la harpe, n’aura pas connu sa meilleure utilisation en jeu.

Résumé :

Après que Breath of the Wild ait modernisé la série tout en retournant à sa source, se permettant même de révolutionner l’open world tel qu’on le connaissait, on pensait alors le retour sur Skyward Sword difficile, voir impossible mais il n’en est rien. Même si son gameplay hérité de la Wii peut irriter et avoir des consèquences sur sa jouabilité, ses bonnes idées, l’amélioration graphique et de framerate mais surtout la grande qualité de ses donjons en font un épisode tout à fait honorable qui a tout à fait sa place encore aujourd’hui, en proposant une aventure plus traditionnelle au thème musical gravé dans la légende qu’elle étoffe un peu plus. Un très bon Zelda.

BienPas bien
Une technique remise au goût du jour Aucun choix de maniabilité vraiment idéal
Le choix dans la jouabilitéLes allers-retours en Célestriers
Des thèmes musicaux orchestrésUne histoire pas vraiment passionnante, à l’image de Fay
Des donjons en nombre et de qualitéL’exploration au second plan
Une aventure généreuse
Fay en mode silencieuse
De bonnes idées de motion control intégrées au gameplay

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