FamilyGeek C'est mon avis Monster Hunter Stories 2 : Wings of Ruin

Monster Hunter Stories 2 : Wings of Ruin

Disponible sur Switch et PC

Lors de chacun des évènements digitaux pour présenter le gameplay de Monster Hunter Rise, Capcom revenait aussi sur la suite du RPG dans l’univers de la franchise. Sorti en 1997 sur 3DS, Monster Hunter Stories prenait un parti-pris très enfantin pour essayer de rendre la licence accessible aux plus jeunes. Sans doute trop, car le jeu n’avait pas pris, pas même au Japon là où la licence est reine, servi par une technique à la peine, à cheval entre 2 itérations de consoles. C’est dans un contexte à peu près similaire où la Switch montre souvent ses limites (et parfois celles des développeurs) que Monster Hunter Stories 2, sous titré Wings of Ruin, est arrivé le 9 juillet après s’être laissé approcher le temps d’une démo qui aura permis de montrer que même s’il n’avait pas trop changé, le jeu avait bien grandi.

Qui aime bien chasse si bien

Comme dans chaque épisode de la série Monster Hunter, c’est dans une nouvelle bourgade que vous faites la connaissance des riders, des personnes ayant développé un lien particulier avec les monstres -rebaptisés monsties- leur permettant de les chevaucher et de se battre à leur côté. Si le jeu les oppose aux traditionnels hunter, la nuance paraît bien mince car il faudra, tout comme dans la série principale, participer au massacre de centaines de créatures, certaines devenues folles suite à un étrange phénomène. L’avatar que vous incarnez se verra très vite confier la responsabilité d’un œuf particulier semblant être porteur de mauvais augure, et ce sera alors le point de départ de votre aventure dans laquelle vous rencontrerez différents protagonistes prêts à vous donner un coup de main, et un coup de pattes. S’il n’est pas nécessaire d’avoir jouer au 1er opus, le jeu reprendra des visages familiers, à commencer par le felyne qui vous accompagne, sachant que ces derniers auront bien grandi, donnant au jeu un aspect plus mature que le précédent. Dans la franchise, l’histoire n’est qu’un élément intercalé entre 2 chasses, mais comme le titre prend ici la forme d’un RPG, on pourra lui reprocher un caractère convenu assez classique dans le fond, et assez répétitive dans la forme, sans pour autant que cela ne soit finalement gênant. On a toujours envie d’aller de l’avant, d’y retourner et c’est bien l’essentiel, car ce qui fait le sel se trouve ailleurs.

Monstres et Campagnardes

Finalement assez proche des jeux originaux de la licence dans son déroulement, la principale différence se fera au niveau des combats, prenant la forme de combat au tour par tour et reposant sur plusieurs mécaniques imbriquées les unes aux autres. Entre celle du Pierre-Feuille-Ciseaux pour les attaques des personnages et monstres, leur résistance et faiblesse élémentaire, et les 3 différents types d’arme auxquels sont plus ou moins sensibles les différentes parties de monstre, les joutes sont dynamiques, prenantes et intéressantes bien que nombreuses, parfois ponctuées de QTE et demandant une dose de stratégie étant donné que vous ne contrôlez que votre personnage. Cependant, il sera possible de changer de monstie ou de lui donner un ordre, à condition d’avoir suffisamment de jauge d’amitié obtenue certaines actions, comme un duel remporté. Car lorsque 2 adversaires se visent, cela déclenche une confrontation régie par la règle du Shifumi, le perdant se voyant incapable de réaliser son action. C’est d’ailleurs lors de ces moments qu’il vous arrrivera de pester contre l’intelligence artificielle qui laisse parfois à désirer. Après chaque combat, les membres de votre équipe gagneront en expérience, en niveaux et donc en statistiques, et les matériaux récupérés sur les monstres, tout comme ceux récoltés lors de vos explorations, serviront à forger de nouvelles armes et armures. Mais vous reviendrez aussi au village avec des œufs obtenus de la plus vile des façons dans les tanières de monstres apparaissant aléatoirement dans la zone ou après le repli d’une créature vaincue.

Regarder un monstre dans le blanc des œufs

Pas vraiment très morale, la relation que vous entretenez avec vos monstres est donc basée sur un vol, et pour un jeu qui revient sans cesse sur le pouvoir de l’amitié et la compréhension des sentiments, c’est limite. En même temps, c’est un jeu vidéo, et on n’est pas là pour ça. Cette mécanique autour de la récolte et de l’élevage de vos monsties est l’autre système majeur du titre, addictif au possible. En fonction de la qualité des œufs (normale, or ou platine), votre monstre recevra de 1 à 3 bonus de statistiques et disposera de gènes -c’est à dire de capacités- plus ou moins rares que vous pourrez visualiser dans une grille 3×3. Ces dernières pourront être passives ou actives, élémentaires ou neutre et appartiendront ou non à une catégorie définie (force, technique ou vitesse). La subtilité réside dans le fait qu’aligner 3 caractéristiques identiques à l’horizontale, à la verticale ou en diagonale vous confère un bonus dans cette dite caractéristique (le bingo), sachant qu’une case multicolore fera office de joker pouvant cumuler n’importe quelles catégories. Ce système va devenir terriblement redoutable lorsque, très vite, il sera possible de sacrifier un monstre pour transmettre à un autre le gène convoité. Cela promet aux amateurs beaucoup de temps dans les menus, qui auraient mérité plus de filtres, à personnaliser vos monstres et votre équipe, en prenant en compte que certains monsties ont des capacités de terrain vous permettant l’accès à certains endroits. Évidemment, il sera possible d’augmenter le nombre de créatures dans vos écuries, et vous pourrez en envoyer en expédition à la recherche de matériaux ou pour les faire monter en niveaux.

La technique est le point faible de la bête

Une fois bien préparé, vous pourrez partir explorer les différents environnements proposés, assez grands et diversifiés avec les traditionels biomes. En revanche, que ce soit dans la neige ou dans le sable, les tanières de monstres générées aléatoirement ou les donjons se ressemblent tellement que vous aurez le sentiment que ces lieux sont tous identiques (ce qui sera souvent le cas), accentuant l’aspect redondant inhérent aux RPG et aux jeux de la série. Vous avancerez souvent les yeux rivés sur le radar, à la recherche de coffres ou de votre objectif, mais ce n’est pas comme si vous manquerez grand chose. Le jeu bénéficie d’une jolie direction artistique, les cinématiques et les animations de combat sont soignées, en particulier les coups spéciaux à dos de monstie (disponible lorsque le jauge d’amitié et pleine) qui sont soit pleines d’humour, soit dévastatrices, avec un design revisité des monstres qui fonctionne très bien. Malheureusement, le titre souffre sur la partie technique. Difficile de dire si le développement est en partie responsable, mais cela devient une mauvaise habitude sur Switch, avec un hardware qui, déjà limité à l’origine du fait de sa portabilité, accuse le poids de ses 4 ans. En jeu, cela se traduit par des textures assez pauvres, des herbes qui surgissent tous les 5 mètres alors que la distance d’affichage n’est pas trop mauvaise, de l’aliasing et un framerate capricieux. Autant d’éléments qui rendent le tout pas forcément agréable à l’œil, et pas toujours très confortable. S’il n’y a rien d’insurmontable, c’est vraiment regrettable, d’autant que le titre a beaucoup à offrir.

Un contenu monstre

Chaque village, avec sa propre identité bien accompagné par un thème musical qui lui va bien (le titre est bien loti à ce niveau là), sera le lieu incoutournable depuis lequel vous mutiplierez les allers-retours. Outre la partie gestion de monstres et d’équipements, un tableau de quêtes optionnelles trônera au centre. Là aussi, ce sera du grand classique alternant récolte et chasse, mais aussi des défis en arêne et des tournois. Les missions que vous confieront certains villageois ne seront pas beaucoup plus originales, vous demandant aussi parfois de fabriquer un équipement précis ou de leur montrer un monstre en particulier. La collection de monstie est d’ailleurs, à l’instar d’un Pokédex à remplir, une activité qui vous occupera un petit moment, d’autant que l’aventure est longue, et que quand c’est fini, il y en a encore. Déjà impressionnant en solo, le jeu offre également un contenu en coopération, qu’il est possible de faire en ligne ou en local (et même tout seul, accompagné d’une IA de fort mauvaise intelligence). Il sera alors possible de réaliser certaines quêtes annexes, d’explorer des tanières de monstres ou d’effectuer des combats d’arènes en solo ou en duo. Malheureusement, le jeu en ligne étant ce qu’il est sur Switch, le confort de jeu n’est pas vraiment au rendez-vous et l’expérience sera ruinée par de nombreux temps d’attente lors des combats, et les quêtes restreintes par l’utilisation de tickets seront difficiles à rejoindre. On se demande ce que donnera alors la quête en coop qui arrivera en août, car oui, le titre dispose déjà d’une belle feuille de route pour les 3 mois à venir, avec tout plein de nouveaux monsties ou nouvelles variantes de créatures existantes.

Résumé :

À la croisée de genres bien particuliers et assez clivants, Monster Hunter Stories 2 sera un gouffre à temps pour peu que vous aimiez la licence et les RPG. Sans éviter une certaine redondance liée à chacun des 2 styles de jeu, le mélange fonctionne parfaitement et procure du plaisir en jeu, avec du contenu à n’en plus finir. On lui pardonnera alors une histoire en retrait et ses errements techniques pourtant flagrants, sans oublier son mode de jeu en ligne à l’image du service de la Switch : pas au niveau.

BienPas bien
Un jolie DA et de très beaux monstresUne technique à la ramasse
Des combats prenants et dynamiquesUne IA avec des absences agaçantes
Le système de gène bien pensé et addictif Les tanières trop semblables
Des musiques agréables ou entrainantes L’inconfort du jeu en ligne
Un contenu très généreux qui sera étoffé
L’aspect jeu en coopération

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