FamilyGeek C'est mon avis Legend of Mana

Legend of Mana

Disponible sur PC, PS4 et Switch

Quatrième jeu issu de la série Seiken Densetsu, ou Mana pour nous autres, Legend of Mana est sorti en 1999 sur Playstation puis s’est limité à une version américaine l’année suivante. Depuis, la série peine à trouver la bonne formule et si elle ne brille pas par ses nouveautés, elle a occupé le terrain ces dernières au travers de remake plus ou moins réussis et d’une compilation. Du coup, ce nouveau remaster HD vous propose, dans un emballage visuel actualisé, de (re)découvrir un titre qui, déjà à l’époque, était assez particulier, avec cette fois une localisation en français.

Construire la légende

Alors que les 3 premiers épisodes de la série vous faisaient prendre part à une aventure héroïque somme toute classique mais efficace, ce Legend of Mana a pris le pari ne pas proposer d’histoire qui guiderait le joueur d’un point A à un point B. L’idée, plutôt original sur le papier, était de faire participer le joueur à la création d’un monde, celui de Fa’Diel, qui semble avoir été complétement réinitialisé. Dans les faits, votre personnage, n’ayant aucune histoire, nulle motivation ni aucun objectif, se verra confier au fur et à mesure des ses voyages et de de ses rencontres, des artefacts magiques vous donneront la possibilité de placer librement sur la carte vide des villages et donjons à explorer. La résolution de quêtes se verra récompenser d’un nouvel objet permettant de répéter ce cycle.

Les habitués de la série retrouveront alors un visuel, un système de jeu, et des têtes qui lui seront connues, mais ce choix de s’affranchir de la linéarité donne très vite et assez souvent le sentiment de ne pas savoir quoi faire. Ce sont les rencontres avec certains PNJ vous rejoignant temporairement qui apporteront des mini pans d’une histoire pas forcément palpitante mais heureusement ponctuée d’humour, sachant qu’elle repose principalement sur les péripéties de 3 groupes de personnages. Malheureusement, il faudra parfois de la chance en parlant au bon PNJ ou en allant au bon endroit avec le bon personnage dans votre équipe pour pouvoir déclencher un évènement. Très déroutant et un peu frustrant, les jeu ne s’encombre pas de didacticiel, même pas pour des éléments basiques de gameplay qu’il vous faudra aller chercher dans des menus d’époque, comprendre par vous-même ou par un heureux hasard.

Un jeu à système D

Dans la série, la dimension RPG était assez simple : évolution des armes et des magies dans le 2, changement de classe dans le 3. Pour cet opus, les statistiques de votre personnage augmenteront au fil de ses niveaux, et vous devrez gérer son équipement, et ce sera à peu près tout. À côté de cela, le jeu propose d’attribuer des compétences et des techniques à des boutons, sauf que la façon des débloquer ces éléments reposent sur leur association avec certaines armes parmi les onze au choix et s’obtiennent donc de façon totalement aléatoires. Étant donné le faible intérêt de certaines compétences, il n’y aura aucun intérêt à chercher à les débloquer, et le jeu pourra être terminé avec une seule arme et 2 techniques spéciales. Si vous retournez au bon endroit après un certain évènement, vous débloquerez la possibilité de forger des armes et armures ou de les améliorer, à condition d’avoir compris l’intérêt.

De la même manière, il sera possible de fabriquer des instruments de musique faisant office d’objet magique mais là aussi, l’arrivée de cette mécanique qui peut être tardive et à côté de laquelle vous pouvez passer est fastidieuse et peu intéressante. Mais ce n’est pas grave car sans doute influencé par les Pokémons, un système d’élevage de monstres fait son apparition, vous donnant la possibilité d’intégrer une créature à votre équipe. Manque de chance, son système n’est pas très clair et trop limité pour y accorder beaucoup de temps (tout comme la mécanique de création de golem). Ce remaster a tout de même fait l’effort de mettre à disposition la fonctionnalité disponible sur PocketStation au Japon, le Ring Ring Land, une sorte de mini jeu façon Tamagochi : un coup d’épée dans l’eau, aussitôt essayé, aussitôt oublié. Décidément, il n’y a pas grand chose qui vous poussera à terminer l’aventure, pourtant, cela partait sur une bonne note.

L’arbre Mana qui cache la forêt

Accueilli d’entrée de jeu par une superbe cinématique animée présentant chacun de ses personnages avec une très jolie mélodie, on découvre des environnements très bien retravaillés au rendu très propres, et le choix d’avoir garder des personnages en pixel, même s’il ne plaira pas à tous, marche bien. On découvre les premiers environnements avec plaisir et la musique qui les accompagne dégage un certain charme. Pour ce qui est de la mise à jour sonore et graphique, le travail sur ce remaster est appréciable et rend le jeu totalement jouable, d’autant qu’il est traduit en français, non sans petites coquilles et bug d’affichages. On comprend aussi que la progression particulière soit restée intacte tant elle fait partie de l’expérience, mais malheureusement, manette en main, rien n’a été fait pour rendre le jeu plus agréable et surtout plus accessible. Pire, certains éléments, déjà discutables à l’époque, n’ont bénéficié d’aucun ajustement, ce qui passe très mal 20 ans plus tard.

Secret of Mana se faisait taper sur les doigts pour sa gestion des collisions à raison, mais là, on atteint un sommet de l’imprécision et de l’incompréhension, et il ne sera pas rare de ne pas atteindre un ennemi avec une de vos attaques spéciales pour une raison qui vous échappe. Comme si ça ne suffisait pas, le jeu trouve le moyen de ramer et de ralentir lorsque l’écran est trop chargé. Alors quand vous ajoutez à cela un intelligence artificielle au raz des pâquerettes, avec des personnages qui, non contents de ne pas souvent attaquer, ne se donnent même pas la peine de ramasser les cristaux d’expériences après ennemi vaincu, les combats, très fréquents, n’apportent aucune satisfaction et que peu d’intérêt. Par sa nature, le jeu vous oblige à faire des allers et venues dans les mêmes niveaux et il est salvateur alors de pouvoir désactiver les rencontres pour chercher comment faire avancer l’histoire. Un comble.

Résumé :

Reposant sur un système de jeu très particulier et assez déroutant, aucun travail n’a été effectué pour rendre ce Legend of Mana ne serait-ce que plaisant à jouer. S’affranchir de la linéarité demande un certain travail d’écriture qui n’est pas présent, et les défauts du jeu, d’époque, n’ont pas été corrigés. Sous ses aspects sonores et graphiques alléchants et bénéficiant d’une traduction française, tout a été fait pour donner envie de s’y plonger mais avec une IA déplorable, des collisions fantasques et un système de jeu abscons, il y a des chances que les nouveaux venus boivent la tasse. Les fans, eux, pourront se noyer dans leurs souvenirs, sans doute avec plaisir.

BienPas bien
Un joli travail graphiqueUn héros fantôme et une histoire creuse
De belles musiquesUne progression hasardeuse et frustrante
Un concept originalUne IA de bas étage
Des collisions dans les choux
Un système de combat bien pauvre
Des mécaniques de jeu obscures

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